Salut les Tatwas,
Je reviens tout juste de Cali, avec plein de souvenirs en tête, et un qui a refait surface.
En effet, le dernier jour de mon séjour, dans une réserve naturelle de Cali, j’ai croisé un de ces bus de couleurs, de ceux qu’on prend là-bas pour parcourir de longues distances. Rien de spécial en apparence. Sauf que ce bus-là m’a ramené à un souvenir précis, un souvenir de 2019.
Celui d’une de mes toutes premières grandes expéditions avec Kasik. Celle où j’ai compris, sans le savoir encore à l’époque, ce que voulait vraiment dire “aller chercher une plante maîtresse”.
Le point de rencontre
On s’était donné rendez-vous tôt le matin. Kasik m’attendait, de la communauté Kofan, en Amazonie. Je pars donc, plein d’excitation et d’un peu d’innocence aussi, sans vraiment savoir dans quoi je m’embarque.
On se retrouve, on échange quelques mots, et on part ensemble en jungle.
Et avant même de commencer à marcher, il y a ce moment que je ne manquerais pour rien au monde aujourd’hui : le rituel d’entrée, où l’on s’adresse à l’arbre maître et aux esprits de la forêt.
On demande la permission d’entrer sur le territoire, on explique notre intention, on écoute.
C’est simple, et en même temps ça change tout. On ne rentre pas dans la jungle comme on rentre dans un supermarché. On y rentre en invité.

Le prix d’une fleur
Je vous passe les détails de l’expédition elle-même, je vous les raconterai peut-être un autre jour. Ce qui m’a marqué, c’est le retour.
Plus de 10 heures de route, aller-retour, pour aller chercher une fleur.
Et le pire, c’était le trajet retour : 6 heures, debout, au milieu du couloir du bus, parce qu’il était plein à craquer. Il faisait nuit noire, je ne voyais rien du paysage, seulement les phares des voitures qui nous croisaient sur ces routes sinueuses des cordillères des Andes. Et vous savez ce qu’on dit des chauffeurs de bus latinos et de leur amour de la vitesse...
J’étais épuisé. Le genre de fatigue qui vous rentre jusque dans les os.
Quand je me suis pris de passion
C’est en racontant cette histoire à une amie, quelque temps après, qu’elle m’a dit quelque chose qui m’a marqué :
“Tu dois vraiment être passionné pour te faire 6 heures de route dans les virages sinueux des Andes, debout, pour récupérer des fleurs.”
Sur le moment, je n’avais même pas réalisé. Pour moi, c’était juste... normal. Une évidence. Je ne ms sui pas posé de questions, j’y suis allé j’ai foncé.
Et c’est là que j’ai compris : ce n’était pas de la contrainte, c’était de la passion. Cette même passion qui, aujourd’hui encore, me pousse à repartir en expédition, à aller à la rencontre des plantes maîtresses et des peuples qui les gardent depuis des générations.
Ce que j’en retiens
Je ne dis pas ça pour me jeter des fleurs (sans mauvais jeu de mots). Je le partage parce que je pense que c’est important de le rappeler : quand on est aligné avec ce qu’on fait, la fatigue existe, la difficulté existe, mais elle ne pèse pas de la même façon.
Et c’est exactement ce qui se cache derrière chaque essence florale que nous créons chez Tatwa : des heures de route, des rencontres, des rituels, une intention. Pas juste un flacon.
Si vous voulez découvrir la Caapi, celle de cette expédition-là (et de bien d’autres), je vous laisse le lien ici :
Prenez soin de vous les Tatwas,
Laurent
P.S: Et vous, c’est quoi votre passion? Laissez moi un commentaire ci-dessous
