Salut les Tatwas,

Il y a des jours où l’univers conspire pour vous enseigner quelque chose d’essentiel. Des moments où chaque “hasard” se révèle être en réalité un signe parfaitement orchestré.

Septembre 2022. Ce jour-là, j’ai eu très peur, attaqué par trois chiens enragés en pleine jungle colombienne.

Mais ce jour-là aussi, j’ai entendu une plante chanter (après 6 expéditions et tentatives infructueuses).

Vous me direz ça a quoi à voir l’un avec l’autre ?

Ce que j’ai compris ce jour-là, c’est le vrai sens de “faire confiance à l’invisible”.

Laissez moi vous raconter cette histoire. Parce qu’elle pourrait changer votre manière de percevoir les signes que la vie vous envoie.

L’attente qui enseigne la patience

Depuis mars 2022, j’attendais.

J’attendais que la Caapi et la Chagropanga fleurissent pour pouvoir créer de nouvelles teintures.

Normalement, ces plantes fleurissent en pleine jungle en mai, si toutes les conditions sont réunies. C’est leur cycle habituel dans cette région d’Amazonie.

J’étais donc prêt, j’avais tout planifié. Mon agenda était bloqué, j’avais déjà partagé mon excitation à la prod, les protocoles étaient au point.

Sauf que ... les plantes et l’univers, eux, avaient décidé autrement.

Avril est passé. Rien.

Puis Mai. Rien.

Juin. Toujours rien.

Juillet ... Août ... Pas une seule fleur.

L’impatience de l’homme moderne

Je ne vais pas vous mentir : j’étais impatient. Vraiment impatient.

Vous savez, même après toutes ces années passées auprès des communautés ancestrales, même après avoir appris à lâcher prise, il y a encore ce petit bout de “Laurent suisse” en moi qui aime que les choses se passent comme prévu.

Ce Laurent qui a envie de dire : “Allez, on a rendez-vous en mai, respecte le planning s’il te plaît !”

Mais la nature, elle se fiche pas mal de nos plannings.

Cette année-là, le climat était trop humide. Beaucoup trop. Les pluies n’arrêtaient pas, l’atmosphère était saturée d’eau. Et dans ces conditions, la Caapi et la Chagropanga préféraient attendre.

Je me souviens de 2 expéditions en juillet, où les fleurs avaient commencé à sortir, et le temps que j’arrive (le jour suivant), elles s’étaient rétractées au vu des pluies.

Les plantes savaient mieux que moi quel était le bon moment

Et c’est là tout l’enseignement : le retard n’était pas un retard. C’était juste la nature qui suivait SON rythme, et pas le mien.

Les peuples ancestraux le savent depuis toujours. Ils ne forcent jamais. Ils attendent. Ils observent. Ils font confiance.

Alors j’attendais aussi. Avec cette impatience qui grattouille à l’intérieur, mais aussi avec cette confiance que quand ce serait vraiment le bon moment, les plantes me le feraient savoir.

Le message de Kasik

Et puis ce matin-là, début septembre, notification WhatsApp.

C’est Kasik.

“Laurent, viens. C’est le moment. Les plantes sont prêtes.”

Pas de “bonjour”, pas de “comment ça va”, pas d’explication.

Juste ça : “C’est le moment.”

Et vous savez quoi ? Mon corps a réagi avant même que mon mental ne comprenne.

Une vague d’excitation. Comme une décharge électrique douce qui part du ventre et qui monte dans la poitrine.

“C’est là.”

C’est la seule pensée qui traverse mon esprit. Pas de doute, pas de questionnement, pas de “mais attends, comment il le sait ?”

Juste cette certitude absolue : c’est là.

C’est ça l’intuition, les Tatwas. Ce savoir qui précède la compréhension. Ce “oui” du corps qui arrive avant le “pourquoi” du mental.

Le lendemain matin, j’étais en Amazonie.

Les signes que j’ignorais ... encore

Le matin du départ, tôt, je prépare mon sac. Eau, bocaux, appareil pour enregistrer le chant des plantes … la routine habituelle.

Mon fils de 4 ans est à mes côtés, il veut suivre chaque mouvement que je fais. Il me tend son Jo (arme que l’on utilise notamment dans l’art martial japonais Aikido).

“Papa, si tu ne vas pas avec moi, prends mon Jo.” me dit-il

(L’innocence et l’amour d’un fils pour son père, des moments de pur bonheur).

Je le regarde, surpris. Un bâton d’arts martiaux en pleine jungle amazonienne ? Mmmh, c’est encombrant, mais je sens que je dois le prendre ... et puis cela lui fera plaisir.

“Ok p’tit mousse, je le prends.”

Je ne savais pas pourquoi. Mais je l’ai pris.

Quelques heures plus tard et des kilomètres avalés, j’arrive au point de rencontre avec Kasik.

On se salue.

Puis on partage un café.

Il me demande si je suis prêt, et je lui réponds que oui, comme toujours !

Et là je me rends compte d’un truc, il n’a pas pris les machettes avec lui. On va donc partir en jungle.

SANS machettes.

L’outil indispensable.

Bon ducoup je sors mon Jo de la voiture, je ne sais pas à quoi bon, mais au moins j’aurais quelque chose en main.

Au fond de moi, il y a ce déclic. Comme si les pièces s’assemblaient.

Le Jo de mon fils. Les machettes oubliées.

L’invisible qui préparait déjà quelque chose.

La cérémonie de permission

Puis, après 1/2 heure de marche, on arrive à l’orée de la jungle.

cérémonie arbre maître

On s’arrête.

Chez les peuples ancestraux, on ne rentre JAMAIS sans demander la permission. La forêt est un territoire vivant, avec ses gardiens, ses esprits.

Kasik commence la cérémonie.

Vingt minutes de connexion profonde. Il parle dans sa langue Kofan, s’adresse aux esprits en sifflant parfois, puis à l’arbre maître. Il nous présente à la forêt. Explique nos intentions. Demande l’autorisation d’entrer sur ce territoire sacré.

C’est un moment intense, beau, de connexion.

Le temps se suspend.

L’air devient plus dense.

La forêt commence à grouiller et à se réveiller. C’est intense et puissant à la fois.

Et puis il se tourne vers moi :

“Aujourd’hui, Laurent, tu partiras seul. Et tu trouveras la plante.”

“Comment ça, tout seul ?!”

(Il faut que savoir que Kasik venait de s’enlever un plâtre il y a 2 jours suite à une fracture au metatarse du pieds droit, et il marchait un peu bizarre).

Mon cœur fait un bond.

Je ne suis JAMAIS allé seul en jungle amazonienne. Jamais. C’est dangereux, on peut se perdre, tous les arbres se ressemblent pour moi ...

“Mais comment je vais la trouver ?!”

Kasik, avec son sourire tranquille :

“On ne dit pas chez vous que tous les chemins mènent à Rome ? Alors fais confiance.”

Je lui réponds avec mon rire habituel, et peut-être un peu jaune cette fois : “Mais ici nous ne sommes pas à Rome”.

Et il ajoute : “Et puis aujourd’hui, la plante elle va chanter pour toi”.

Mon mental panique :

❝

· Pas de machette ✗

· Seul ✗

· Aucune idée du chemin ✗

· Avec mon Jo et mes bottes en plastique ✓

J’ai le choix bien sûr, de renoncer ou de trouver cet arbre (ou plutôt cette liane).

Comme je ne suis pas du genre à abandonner et à baisser les bras, je décide que j’irais.

Je prends une grande inspiration, je le regarde et lui donne une accolade, et je pars.

L’attaque : 10 minutes d’intemporalité

J’avance depuis une heure et demie dans la jungle.

Soudain, un sentier dégagé. Un passage entre deux zones. Un soulagement momentané après la densité de la végétation.

Et puis...

Des aboiements. Agressifs.

Trois chiens surgissent de directions différentes. Ils sortent probablement de petites maisons cachées aux alentours.

Yeux fous. Bave aux lèvres. Poil hérissé.

Ils m’encerclent sur ce sentier.

Le Jo qui sauve

Instinct. A la fois apeuré et focus, je pose mes affaires et prends le Jo à deux mains.

Le premier se rapproche. Je bloque, et le repousse, menaçant et sûr de moi.

Le deuxième sur le côté. Rotation, je le repousse avec un mouvement sec.

Le troisième grogne, tourne, cherche une ouverture.

Dix minutes qui semblent être hors du temps. Le Jo qui virevoltе. Mes bras qui brûlent. Mon cœur à 200.

Jusqu’à ce qu’ils comprennent. Et qu’ils repartent.

La révélation

Je reste là, tremblant, sur ce sentier.

Et là, ça me frappe comme un coup de tonnerre :

Mon fils savait que j’en aurais besoin, ce matin, quand il m’a tendu le Jo.

Kasik le savait. Quand il a “oublié” les machettes (qu’il n’oublie jamais).

L’invisible avait tout orchestré. Avec le Jo, je pouvais repousser sans tuer. Avec une machette, j’aurais dû trancher.

Chaque “hasard” était parfait.

Je reprends mon souffle. Et je continue d’avancer.

Le chant de la Caapi

Encore une heure de marche.

Mon corps est de nouveau détendu et présent à cette merveilleuse nature, quelque chose en moi s’est ouvert. Comme si cette épreuve avait brisé des résistances anciennes.

Et puis, au loin ...

Je la vois.

La rencontre.

La Caapi. Majestueuse. Ses petites fleurs blanches roses délicates qui brillent dans la pénombre de la jungle.

Je m’approche lentement.

Et lui demande la permission de travailler avec.

Je me connecte aux élémentaux des lieux, et m’annonce.

Puis, après quelques instants, je sens que c’est le moment de connecter mon appareil qui permet de convertir la différence électrostatique entre une racine et une feuille en onde sonore.

Je demande bien sûr l’autorisation à la plante avant de le faire.

Et c’est instantané. La plante chante. Je suis ému. Après tant d’expéditions sans chant, cette fois-ci elle a voulu.

C’est un chant mélodieux. Doux. Comme une bienvenue.

Ce n’est pas qu’avec mes oreilles que je l’entends, c’est avec tout mon être. Une mélodie qui résonne dans ma poitrine, dans mes cellules.

La Caapi me chantait sa bienvenue.

Kasik me l’avait dit : “Aujourd’hui, la plante va chanter.”

Ces peuples premiers, à la différence de nous, sont restés connectés à cette nature et ont maintenu ce lien qui nous unit. C’est ce qui fait qu’ils sont capables de savoir, de discerner, de lire dans l’invisible.

C’est magique, et cela me montre le chemin qu’il reste à parcourir afin d’être l’acteur actif de ma vie.

La transmission

Je me recueille en méditation devant cette liane énorme.

Le temps s’arrête. La jungle devient silencieuse.

Et pendant cette méditation, la Caapi me transmet quelque chose.

Une nouvelle technique de fabrication des essences florales.

Pas avec des mots. Pas avec des images. Juste une CONNAISSANCE qui se télécharge, complète, détaillée.

Cette technique, nous l’utilisons encore aujourd’hui chez Tatwa.

Et je comprends encore mieux pourquoi cette plante, la Caapi, est utilisée par tant de communautés. Pas seulement les Siona, comme je l’avais mentionné dans mon article précédent, mais aussi les Kofan, Shipibo, Koreguaje et diverses communautés d’Amérique latine ...

Elle ouvre des canaux de perception extraordinaires. Elle amplifie naturellement votre capacité intuitive.

Et je comprends ce jour-là que je devais sûrement venir seul.

Le cadeau de la nature

Sur le chemin du retour, alors que je marche, le cœur encore plein de cette expérience magique et à jamais gravée dans mon cœur ...

Je la vois.

Une plume. Posée là, sur le sentier en pleine jungle luxuriante. Comme si elle m’attendait.

Je m’approche et la ramasse délicatement.

Elle est magnifique. Verte, bleue, avec une teinte de rouge. Ses couleurs brillent dans la lumière filtrée de la jungle.

Un cadeau. Une récompense. Une validation sur mon chemin d’initiation.

La nature me disant : “Tu as écouté. Tu as fait confiance. Tu as suivi les signes. Voici ton cadeau.”

Aujourd’hui, je la tiens encore précieusement. Elle me rappelle que quand on écoute son GPS interne, quand on fait confiance à l’invisible ... l’univers répond. Toujours.

L’enseignement : votre GPS interne

Ce jour-là dans la jungle, j’ai compris quelque chose d’essentiel.

Les choses arrivent quand c’est le moment. Pas quand JE décide.

J’ai attendu de mai à septembre que ces plantes fleurissent. Mon mental voulait contrôler, planifier, forcer.

Mais les plantes savaient mieux que moi.

Action, lâcher-prise, acceptation

Voici ce que j’ai appris :

1. Je mets en place les actions J’avais tout préparé. Mon équipe, mes protocoles, ma disponibilité.

2. Ensuite, je lâche prise Et j’accepte que le timing ne m’appartient pas.

3. L’attente et l’impatience sont un obstacle Quand je suis dans l’impatience, je crée une barrière entre ce qui existe déjà dans l’éther et sa manifestation matérielle.

Le désir était là. La plante était là. Mais mon impatience créait de la résistance.

Dès que j’ai vraiment lâché prise... Kasik m’a appelé.

Mon fils qui me tend le Jo. Kasik qui “oublie” les machettes. Cette voix en moi qui dit “prends-le” sans savoir pourquoi.

Ce sont des signes. De mon GPS interne. L’interface du divin qui me guide, qui nous guide tous.

Moralité, on n’a pas besoin de comprendre POURQUOI. On a “juste” à écouter et suivre.

C’est cette confiance dans l’invisible qui m’a sauvé des chiens. C’est l’invisible qui m’a guidé à la Caapi. C’est lui qui a permis cette transmission.

Et cette intuition réside aussi en vous.

Peut-être dormante, mais ça se travaille et ça se développe. Car qui peut faire une chose, tout le monde peut le faire.

Comment développer cette écoute

La Caapi amplifie cette connexion. Elle vous aide à sortir du mental bavard pour accéder à ce GPS intérieur. A vous mettre sur ce qui est prioritaire pour vous.

La Chagropanga, elle, révèle ce qui bloque votre écoute. Les peurs, les programmes, les résistances. Et elle vous connecte aussi à vos ressources intérieures. Elle vous les montre.

Ensemble, elles créent cette clarté intuitive que les peuples ancestraux maîtrisent depuis des millénaires.

Caapi et Chagropanga Tatwa

Le message final

L’invisible nous parle constamment.

À travers les “hasards”. Les intuitions. Les signes qui semblent illogiques.

La seule question : sommes-nous prêt à écouter ?

À faire confiance quand ça n’a pas de sens ?

À lâcher prise sur le timing et accepter que les choses viennent quand c’est juste?

Cette semaine, observez. Les “détails” qui se répètent. Les intuitions sans raison. Cette voix qui dit “oui” ou “non” avant que votre tête ne comprenne.

C’est votre GPS interne. Votre interface avec le divin.

Écoutez-le…

Prenez soin de vous les Tatwas,

Laurent Jwikunari☀️

P.S. : Mon fils ne savait pas que j’aurais besoin du Jo. Kasik ne savait pas qu’il y aurait des chiens. Mais quelque chose en eux SAVAIT. Cette intelligence invisible qui orchestre tout. Vous l’avez aussi. Il suffit de l’écouter.