Salut les Tatwas,

Comment allez-vous ? J’espère tout bien !

Comme vous l’avez sûrement remarqué, la newsletter du jeudi n’a pas été déposée dans votre boîte aux lettres, et pour cause : j’avais un grand voyage en train (lieu depuis lequel je suis en train de vous écrire), et je me suis dit que j’allais finaliser cet article lors du trajet.

Cependant, c’était sans compter ma rencontre d’hier soir, avec Elena (petit clin d’œil à cette belle âme), avec qui nous avons échangé sur nos parcours et nos histoires de vie.

Au moment où elle m’a dit : « Et toi, c’est quoi ton parcours de vie ? », j’ai pris conscience de quelque chose :J’ai vécu ma première initiation avec les peuples premiers bien avant ce que j’avais pensé. Vous vous rappelez sûrement que je suis parti en Colombie pour m’y installer en 2014. C’est à cette période que j’ai créé mes premiers liens d’amitié avec les communautés ancestrales du continent.

Sauf que…Je me suis souvenu d’un voyage…

En 2001, malgré les différentes recommandations à éviter les voyages au Guatemala, nous avons décidé avec ma compagne de l’époque d’aller visiter ce pays qui nous attirait énormément.

Pour ma part, c’étaient les pyramides, tout ce qui tournait autour des Aztèques, des Incas, des Mayas, qui m’attirait : j’en étais fasciné.

D’ailleurs, quand j’étais enfant, j’adorais regarder Les Cités d’Or.

Et puis, tout ce qui était pyramides, que cela soit finalement en Amérique latine ou en Égypte, avait tout le temps attisé ma curiosité.

Donc, on était partis au Guatemala. On avait, durant ce voyage, visité pas mal d’endroits. Les habitants étaient tellement généreux et chaleureux que j’avais d’ailleurs décidé deux choses importantes lors de ce voyage. Je vous le dirai plus loin, car vous verrez, cela aura toute son importance sur la suite de ma vie.

On voyage, on explore, et vers la moitié du voyage, on se retrouve à Flores, tout au nord du pays. Nous nous y étions rendus afin d’aller visiter les pyramides de Tikal.

Fantastique, vraiment, d’imaginer que des peuples aient pu construire de telles pyramides, avec une telle précision, non seulement d’un point de vue terrestre, mais aussi d’un point de vue céleste, puisque les astres ont été longtemps utilisés par les cultures ancestrales afin de définir le meilleur emplacement des différents lieux (de vie, de cérémonie, etc.).

Bref, à Flores, il nous restait un jour de « libre » avant de repartir plus au sud. En approchant le réceptionniste de l’hostel dans lequel on se trouvait, il nous informe qu’il y a une excursion qui pourrait nous intéresser : en gros, il nous parle de prendre un transport jusqu’à un fleuve, puis une pirogue, puis la découverte de la jungle.

On dit ok sans trop réfléchir, on embarque dans un taxi, puis dans une pirogue avec son propriétaire. On était seuls, et on navigue dans ce petit fleuve entouré de végétation dense, d’animaux, de bruits.

Au bout d’un peu plus d’une heure de trajet, la pirogue s’arrête sur la rive droite du fleuve. Son capitaine nous tend une conserve remplie de pives avec un fil de fer pour la porter. Il nous allume les pives et nous fait signe de marcher dans une direction et de revenir dans les 2-3 heures.

« Ça vous évitera de vous faire piquer », nous dit-il.

Sans trop se poser de questions, on s’enfile dans cette jungle luxuriante, sans prendre conscience des dangers que cela pourrait représenter. Car effectivement, on n’entre pas dans une forêt, mais dans une jungle.

Bref, on marche un bon moment, on entend plein de bruits, c’est fascinant. On entend au loin des singes et on essaye de les trouver. On avance avec cette innocence et cette inconscience qui pourraient faire que l’on se perde… jusqu’au moment où nous arrivons face à face avec une paroi rocheuse d’un peu moins de 10 mètres, contre laquelle est appuyée une échelle en bois.

On se regarde, et d’un hochement de tête, on décide de monter cette échelle. Je me souviens encore de ce jour : c’était un dimanche.

On grimpe à l’échelle, et quand on arrive au sommet… je ne peux pas en croire mes yeux. Je reste bouche bée !

À quelque 100 mètres de nous, une cérémonie traditionnelle a lieu : les hommes et les femmes sont vêtus d’habits traditionnels, en plein rituel. C’est captivant et à la fois anachronique pour moi à cette époque. Je suis happé par ce que je vois, sorti de l’espace et du temps. C’est comme si je n’existais plus.

J’ai le réflexe de sortir mon petit appareil photo. Je souhaite immortaliser l’instant. Aussitôt l’appareil sorti, un homme assez ancien, au loin, se retourne vers nous. Comme s’il avait capté notre énergie et notre intention, il me fait instantanément ranger mon appareil photo d’un regard décidé et perçant.

Nous restons là, immobiles encore quelques instants, figés et enracinés dans ce sol.

Et bien que je n’aie pu capturer cet instant avec mon appareil, cette rencontre reste aujourd’hui encore gravée dans ma mémoire et fait partie des événements inoubliables et extraordinaires que j’ai vécus.

Car aujourd’hui, je peux le dire, moi qui ne crois pas aux hasards, que cet instant est venu me connecter à la puissance de ces peuples et à cette envie d’en savoir plus. Et probablement qu’en me répétant inconsciemment que je souhaitais en savoir plus, j’ai peu à peu attiré à moi ce que je suis en train de vivre aujourd’hui : cette rencontre et ce partage avec les différents peuples premiers.

Cette rencontre et cette connexion à cette belle terre guatémaltèque auront toute leur importance. Comme je l’ai dit plus haut, elles m’auront donné l’envie d’apprendre l’espagnol et de visiter d’autres territoires d’Amérique du Sud, jusqu’à découvrir celui de la Colombie, 13 ans plus tard.

Ce laps de 13 ans m’a, au final, permis de visiter de multiples pays d’Amérique latine, d’apprendre l’espagnol et de me préparer à ce que j’allais vivre en Colombie.

Avec, entre les deux, une autre initiation magique, et pas moins puissante, que j’ai eue l’occasion de vivre quelques années plus tard, dans une yourte au milieu de la forêt de Marie-Madeleine, en France.

Mais cette histoire, je vous la raconterai à un autre moment, car j’arrive gentiment à destination et m’en vais fermer mon laptop.

Je vous dis à bientôt, les amis, à la semaine prochaine, et je vous souhaite une merveilleuse journée.

Prenez soin de vous, les Tatwas,Laurent Jwikunari ☀️