Salut les Tatwas,

Je vais vous raconter quelque chose que je n’ai pas souvent partagé.

Une histoire qui date de 2001. Au Guatemala. Et qui m’a fallu 25 ans pour vraiment comprendre ce qu’elle avait à m’enseigner.

Je me trouvais à cette époque au Guatemala, magnifique pays que je visitais en compagnie. On avait décidé de descendre au sud du pays et de passer quelques jours à l’océan.

Le deuxième jour sur place, on se réveille, il fait beau, la mer m’appelle.

Les vagues étaient belles ce matin-là

vagues Guatemala

Ce matin-là, pas de petit déjeuner, car on n’avait plus d’argent, juste des cartes qui ne fonctionnaient pas dans ce lieu. On avait juste assez pour s’acheter de l’eau à boire (un bon aperçu de ce que pourrait être la vie dans un monde 100% digital sans cash …).

Le propriétaire de l’hostal où nous logions m’avait montré la veille comment surfer les vagues avec le corps. Pas besoin de planche. Juste soi, l’eau, et la vague.

C’était assez simple. Et divertissant.

La plage était déserte, et nous étions les seuls clients.

Bref, je pars à la mer. Seul. Confiant.

Les premières vagues sont magnifiques. Je les prends, je les surfe, je me sens vivant. Et plus je le fais, plus je me sens en confiance. Plus je me sens fort. Plus je sens que je maîtrise.

Vous pouvez facilement voir où ça mène ...

La confiance. La maîtrise. Le sentiment de dominer l’élément avec lequel on interagit.

Bref, j’étais en train de faire exactement ce qu’on a tous fait un moment dans la vie : croire qu’on contrôle.

Et puis la première grosse vague arrive.

Elle me prend, me fait taper le fond. Premier avertissement. Je comprends à peine ce qui m’est arrivé, j’ai tapé la tête au fond, et je suis un peu sonné.

Je reprends mes esprits, et je continue.

Le courant commence à me tirer au large. Je nage pour rentrer. Je fatigue, bien plus vite que prévu. J’ai de plus en plus de peine à m’approcher du bord ...

Une autre vague m’emmène au fond. Je remonte. Je nage encore.

Je commence à comprendre que je n’y arriverai peut-être pas.

Alors je prends une décision : aller un peu plus au large, là où les vagues ne se cassent pas encore. Histoire de reprendre mon souffle, de reprendre mes esprits.

Mais je fatigue.

Vraiment.

Je n’arrive pas à récupérer mon souffle. Pourtant je suis un bon nageur.

Mais cela doit déjà faire une demi-heure que je suis dans l’eau, les forces commencent à me manquer.

Et puis la vague de trop arrive.

Elle me prend, m’emmène au fond, me fait taper. Et là, dans ce fond sombre et silencieux, quelque chose se passe en moi que je ne peux pas vraiment expliquer.

Je me rappelle très bien ce moment.

J’arrête de lutter.

J’accepte.

J’accepte que ce soit peut-être mon dernier instant. Sans remords. Sans tristesse. Je me donne complètement à Dieu, à la Source, avec une paix que je n’avais jamais connue jusque-là.

Et à ce moment précis ...

En une fraction de seconde, j’ouvre les yeux.

Je suis allongé sur la plage.

Je ne comprends pas.

Et encore aujourd’hui pour moi c’est un mystère. C’est comme si, au moment où je commençais à devenir un avec l’esprit de la mer, au moment où j’ai arrêté de résister et me suis laissé accueillir par la mer, quelque chose d’invisible m’avait ramené.

Certaines choses n’ont pas besoin d’explication. Elles ont besoin d’être vécues.

Ce que j’ai appris quelques heures plus tard

Quelques heures après, en partageant mon histoire au propriétaire de l’hostal, il m’informe que la veille, à 100 mètres de là où je me trouvais, un jeune est mort noyé. Il était parti avec une planche de surf et un camarade. Ils avaient l’habitude.

Ça m’a arrêté net.

Un gars qui maîtrise, et il s’en va, et moi qui découvrais à peine une nouvelle manière de «jouer» avec la mer, et par miracle je suis encore là ?

Bien entendu, aujourd’hui encore je n’ai pas la réponse à cette question. Mais je n’ai pas vraiment cherché à comprendre à vrai dire.

Ce que je sais, c’est que ce matin-là, à un moment précis, j’ai lâché toute résistance. Tout contrôle. Toute volonté de m’en sortir par la force.

Et c’est peut-être ça, la différence.

J’ai accepté de faire un avec ce qui me submergeait, d’accepter sa force, sa puissance, sa grandeur et de me livrer à ce plus grand que moi.

25 ans plus tard, quelqu’un me dit quelque chose d’étonnant

Il y a quelques jours, je partage cette histoire à quelqu’un qui m’est cher.

Elle va me dire quelque chose qui va m’arrêter net : “C’est fou que tu n’aies pas peur de l’eau. Que ça ne t’ait pas laissé de traumatisme.”

Je me suis arrêté.

Elle avait raison.

A la suite de cet événement, mon lien à la mer n’a pas changé : je rentre dans la mer, je me laisse bercer par ses vagues pendant des heures. Aucune peur. Aucune association négative. Rien.J’adore être dans la mer, c’est mon élément.

Alors j’ai réfléchi. Longtemps. Et voici ce que j’ai compris :

C’est peut-être en acceptant ma situation, et en l’occurrence de mourir en elle, sans ressentiment, sans regret, sans peur, que je n’ai pas créé de mémoire traumatique autour de cet événement, que je n’ai pas créé de lien associatif négatif.

Quand on vit une expérience de manière violente, une association forte entre l’événement et la souffrance se crée. Le cerveau enregistre et programme les cellules pour que celles-ci se rappellent de la douleur de l’événement afin de s’assurer que cela ne se reproduira plus dans le futur.

Mais quand on accueille ... l’événement traverse. Et il part.

Sans laisser d’empreinte négative.

La mer comme allégorie de la vie

Et puis j’ai réalisé que cette histoire, ce n’est pas vraiment une histoire de noyade.

C’est une allégorie de la vie entière.

Nous passons notre existence à vouloir contrôler les vagues. Contrôler les événements. Contrôler les autres. Contrôler l’invisible. Et plus nous avons l’impression de réussir, plus nous développons la conviction que nous maîtrisons.

Puis arrive la première vague.

Une maladie. Un échec. Une séparation. Un burnout.

Un premier avertissement.

Nous continuons à lutter. À nager plus fort. À vouloir reprendre le contrôle coûte que coûte.

Mais parfois, la vie nous entraîne dans des courants qui nous dépassent.

Et c’est souvent là, quand toutes nos stratégies échouent, que l’unique sortie apparaît : l’abandon.

Pas l’abandon comme une résignation.

L’abandon comme un acte de confiance, un acte de foi.

La confiance que la vie sait parfois mieux que nous où elle nous conduit.

Et vous, vous noyez-vous en ce moment ?

Je pose la question sincèrement.

Parce que le stress, les tensions, le burnout, c’est exactement à ça qu’ils nous amènent. On nage. On résiste. On nage encore. Parfois à contre-courant.

On fait des heures sup. On serre les dents. On dit que ça va.

On sacrifie sa vie. Ses proches, les gens qu’on aime.

Jusqu’à la vague de trop.

Et souvent, on attend cette vague de trop avant de lâcher.

Peut-être trop tard.

Alors pourquoi attendre ?

Peut-être parce que certaines croyances nous ont programmé et que nos cellules n’ont pas envie d’expérimenter quelque chose de différent de ce que nous avons appris.

Mais il est possible d’avancer dans la vie et d’apprendre avec douceur et amour, c’est une question de programmation.

[Petit aparté pour ceux qui vivent des moments difficiles tels que décrits dans les lignes précédentes, chez Tatwa on a ces essences florales de plantes maîtresses qui permettent d’aller travailler au niveau cellulaire et changer ces signaux qui font qu’on répète encore et encore les mêmes schémas et qu’on ait besoin de cette dernière vague pour réagir. Il y a le kit : Burn-Out émotionnel. Pas pour vous sauver, vous le savez, personne ne peut faire ça à votre place. Mais pour vous accompagner à retrouver le chemin du rivage.

· Kuka pour revenir au corps et à l’ancrage.

· Chichaja pour reconnecter la confiance intérieure.

· Badoh pour réapprendre à écouter ses besoins et poser des limites.

Avant que la vague de trop n’arrive.

👉🏽 Découvrir le Kit Burn-Out

Et puis il y a la Dhatura, que je chéris tant !

Dhatura : l’apprentissage du lâcher

Cette essence florale, je l’associe profondément à ce que j’ai vécu ce matin-là au Guatemala.

C’est la Dhatura.

Elle travaille ce lien à la mort, apprendre à mourir avant la mort. Pas à travers la résignation. Plutôt en prenant de la hauteur. En acceptant que certaines choses nous dépassent et que c’est justement là que réside notre force. A nous connecter à quelque chose de plus grand en faisant confiance à cette source pour se laisser guider et retrouver une forme de spontanéité face à la vie.

La Dhatura aide à relâcher ce qu’on retient encore malgré soi. Les peurs enfouies. La tristesse qui pèse. Le sentiment d’injustice qu’on porte sans s’en rendre compte. Cette culpabilité qui nous ronge. Elle crée de l’espace là où il n’y en avait plus.

Et dans cet espace, quelque chose de nouveau peut entrer.

Exactement comme ce matin-là dans l’océan. Au moment où j’ai tout lâché.

fin du petit aparté]

La seule chose qu’on contrôle vraiment

Alors voilà ce que je retiens de tout ça, 25 ans après.

On ne contrôle pas les vagues.

On ne contrôle pas les courants.

On ne contrôle pas ce que la vie décide de mettre sur notre chemin.

Mais on contrôle une chose.

Une seule.

La manière dont on choisit de vivre ce qui se présente.

Dans la peur. Ou dans l’accueil.

Et à chaque fois dans ma vie où j’ai réussi à être dans l’accueil, ça a été fantastique.

Même quand c’était difficile. Surtout quand c’était difficile.

Et si on était capable d’accueillir sa mort ?

Il y a cette dernière chose à laquelle je pense. Et j’en fais une hypothèse : s’il y a effectivement une vie après la mort, et que chaque situation vécue dans la résistance ou la lutte provoque de la friction et génère une empreinte mesurable dans notre être qui conditionne nos expériences futures et nos réactions face à elles, alors je me demande dans quelle mesure «résister» à sa propre mort physique pourrait impacter notre futur transcendé ?

Je ne répondrai pas à cette question, même si j’ai mon avis là-dessus, mais pour revenir à cette vie-là, j’ai envie de vous poser une dernière question avant de fermer mon ordinateur (et je vous invite à y répondre avec votre coeur, juste pour vous) :

Face à quoi résistez-vous encore, alors que vous pourriez simplement accueillir ?

heart coeur Tatwa

Prenez soin de vous les Tatwas,

Laurent☀️

P.S. : Ce matin-là au Guatemala, je ne savais pas encore que tout allait changer. Que quelques années plus tard, je serais en Colombie, entouré de peuples premiers, d’essences florales sur mon chemin de vie, dans la joie de pouvoir diffuser ces savoirs. La mer m’avait gardé. Elle avait ses raisons. J’en suis reconnaissant aujourd’hui encore plus qu’hier.

P.S. 2 : Je suis en escale à Amsterdam avant de décoller direction Colombie, et il y a cette affiche contre un mur qui me rappelle que cela fait plusieurs semaines que j’ai envie de vous partager mon histoire avec cette mer guatemaltèque.

mon histoire maritime