Salut les Tatwas,
J’espère que vous allez bien 🤗.
Donc voilà, lors de ma dernière newsletter, je vous racontais comment les synchronicités ont fait que je me retrouve avec l’envie de vivre une nouvelle aventure dans un pays «inconnu»…
Je mets ce mot entre parenthèses, vous verrez plus loin pourquoi.
Donc si je repars là où j’en étais resté lors de ma dernière newsletter, je suis dans l’avion de retour (je vous fais la version accélérée, ceux qui veulent en savoir plus glissez moi un commentaire sous cet article et je vous répondrai).
Avion, retour, Suisse, routine … 😅 (là c’est trop condensé).
Bref, je rentre en Suisse avec cette conviction à l’intérieur de moi que je vais vivre en Colombie. D’ailleurs je me souviens, lors de mon premier repas de famille post vacances qui a lieu quelques jours plus tard, je dis à mes parents que j’ai pris la décision d’aller vivre en Colombie. Mon père comprend tout de suite, ma mère s’énerve et ne l’accepte pas.
Au-delà de leurs réactions, je me rends compte que je suis extrêmement décidé alors que rien n’a été défini, rien n’est acté, rien n’est organisé. Je base cette décision sur mon ressenti intérieur.
Et puis il y a ce retour à mes routines habituelles, j’ai de la difficulté à me remettre dans le rythme local, c’est comme si j’étais resté collé au fuseau horaire colombien.
On échange fréquemment avec ma nouvelle flamme colombienne, on s’appelle, on discute, on projette, cela reste cependant « léger ».
Et puis il y a ces 2 voyages en Colombie, en mars, soit 1 mois plus tard, puis en mai pour lui faire une surprise d’anniversaire.
Lors du premier voyage, Marcela décide de me faire connaître le pays. Nous prenons la voiture et démarrons un voyage de plus de 30 heures de route, jonché d’étapes intermédiaires.
Nous partons de Bogota. Une des premières étapes, c’est Medellin, où nous allons visiter sa mère et son beau-père. Je découvre cette ville très différente de Bogota. Je m’en imprègne quelques jours, puis nous partons pour Cali.
J’ai eu l’occasion de connaître cette ville, en 2007, qui est très différente des 2 autres, il y fait bon vivre, il fait chaud, on y mange bien, les habitants sont joyeux et sympas. Et même si la ville n’est pas très belle architecturalement, il y a quelque chose qui m’appelle.
Je rencontre sa famille, ses frères, dont l’un deux nous propose de monter un centre de médecine intégrative en reprenant son centre qui a déjà 10 ans et en le transformant afin de rajouter des services.
Disclaimer : aujourd’hui je tiens à préciser que le frère de mon épouse, ayant choisi un chemin qui est le sien et qui ne correspond pas aux valeurs et à la mission que nous avons choisies, ne fait plus partie du projet.
Je me sens à Cali presque comme un poisson dans l’eau, d’un autre côté c’est facile, je suis en très bonne compagnie, en vacances, tout me paraît fantastique.
Bref, retour à Bogota après quelques jours de visite de Cali pour terminer la boucle et connaître un peu mieux cette grande ville qui doit compter 10 mios d’habitants aujourd’hui.
Le voyage se termine rapidement, je repars un peu nostalgique …

Et peu de temps après, le retour
1 mois plus tard, je me retrouve déjà en Colombie, le temps me paraît long entre 1 voyage et l’autre.
Donc c’est fin avril, début mai.
Je visite à nouveau ce pays, c’est cette fois une visite surprise. C’est en quelque sorte le voyage de confirmation.
On discute du futur, des différentes options qui se présentent.
Vivre à Bogota, et travailler dans le cabinet de ma nouvelle amie médecin.
Aller sur Medellin et trouver quelque chose à faire.
S’installer à Cali et monter un centre de médecine intégrative.
La décision est prise, ça sera Cali. Vivre au chaud toute l’année, c’est bien. Et surtout pouvoir créer ce centre, c’est un réel plus qui va dans le sens de ce que je souhaite apporter au monde.
Le voyage se termine déjà, je rentre à nouveau sur mon territoire de naissance. Quelque chose a changé.
Moi qui disait « jamais je quitterai ces belles montagnes et ce lac que je vois tous les jours ». Bein mon discours a changé. Je me dis surtout que si je continue de voyager à ce rythme pour la Colombie, je vais devenir membre senator star alliance de Swiss, mais sans un copec dans la poche.
Mon arrivée en tant que citoyen colombien
Ce titre fait un peu bizarre, mais c’est vrai que mon arrivée le 14 août 2014 sur territoires colombiens est totalement différente que pour les autres fois. Sûrement parce que j’y arrive avec un autre état d’esprit ; je ne suis plus un touriste, mais je viens pour vivre dans ce pays et apporter mes connaissances à ceux qui en ont besoin.
Du moins c’est ce que je crois.
Donc le 14 août, je pose pieds en Colombie, 2 valises et un wake surf sous le bras, ma casquette vissée sur la tête, déterminé.
Et je vis quelque chose d’extraordinaire. Marcela avait déménagé quelques jours auparavant de Bogota pour Cali, elle avait trouvé un appartement où nous allions vivre. Ducoup je me retrouve à Bogota, et elle me demande de prendre la voiture.
Je lui réponds « bien sûr mon amour ».
Et je prends la voiture, avec mon waze et cette innocence qui me caractérisait. Je traverse cette ville énorme en presque 3 heures de trajet, j’assiste à 1 scène de violence, où 1 voiture et un bus se chauffent, le conducteur de la voiture descend et se dirige vers le chauffeur de bus. Celui-ci descend de son bus, une machette à la main, bien menaçant … le conducteur retourne dans sa voiture, affaire réglée.
C’est d’ailleurs une drôle de manière de régler les choses. Mais c’est comme ça.
Je prends cette route qui relie Bogota à Cali, il faut traverser une cordillère des Andes, c’est beau, c’est magnifique. Sur le chemin je me fais arrêter par les militaires qui me menacent d’une amende salée.
Je me surprends en train de négocier à la colombienne pour me sortir de cette situation de manière indemne.
Et puis 10 heures plus tard, je me retrouve à Cali, une ville de peut-être 5 mios d’habitants.

C’est à ce moment-là que naît Tatwa Integrative Medicine.
Tout me paraît facile, simple, alors que probablement il n’y a aucune raison que cela soit ainsi.
Je viens de Lausanne, c’est 200'000 habitants max, on se repère avec les montagnes et le lac, c’est autre chose.
Sauf que les jours, les semaines et les mois qui suivent, que ce soit pour les taches administratives, les modes de fonctionnement particuliers, les visites à l’autre bout de la ville … tout me paraît normal. Bien que cela ne soit pas normal, venant d’un pays où tout est carré, super bien organisé, là je découvre le chaos et je m’en accommode comme si j’avais vécu dans ce chaos depuis toujours.
En fait je suis en train de vivre « un déjà vu ».
Qui me confirmera quelque temps plus tard que mon âme a sûrement dû vivre dans cette région lors d’une autre incarnation.
Je prends mes marques
Les mois qui suivent, je me fais mes marques, je travaille beaucoup, dans la joie, je découvre la ville parfois seul, parfois accompagné. J’aime errer et découvrir le local, aller sur les marchés de fruits et légumes. Il y en a un d’ailleurs, il est énorme, il s’appelle Alameda: une halle de plus de 10'000 m2, il y a de la vie, de la musique, des senteurs (parfois pas des plus agréables, surtout quand on passe près des volailles, mais c’est ce qui fait son charme aussi). On peut y boire son petit café Colombien, manger une bonne soupe locale, au milieu des locaux (locos parfois mais avec affection).

J’ai trouvé mon pays, je suis heureux.
Les premiers temps je dors le soir au centre, je me suis créé ma chambre, c’est mieux pour créer mes marques et pour ne pas brusquer les traditions colombiennes qui sont autres que celles dans mon pays.
Et puis je me retrouve quelque temps plus tard, dans un hostal, dans la zone coloniale de la ville, une petite coline avec une église à son sommet et une vue à couper le souffle sur la ville. L’hostal s’appelle Magic Garden. Il est tenu par un polonais, Maciek, et son épouse colombienne Jeimmy, qui deviendront des amis. Je fais la connaissance de Simon dans cet hostal, un australien qui depuis est un ami très proche, et avec qui nous découvrons la ville et ses sites insolites. Nous avons la même vision du monde du voyage, soit qu’il faut aller dans les endroits où vont les locaux, et non les touristes, si on souhaite s’imprégner de ses énergies.
Et puis je rencontre Alexander, c’est le premier membre d’un peuple premier avec qui on me met en relation. Ce jour-là je découvre un monde que je ne connaissais qu’à travers les reportages ou la télé.
Cette rencontre me fera comprendre quelque temps plus tard, que la rencontre avec la femme qui est devenue mon épouse, n’était qu’un leurre pour m’amener là où je devais me trouver. Un leurre certes très agréable, mais un leurre quand même.
Vous vous rappelez, ce hasard qui n’existe pas. Et qui fait que certaines fois vous pensez avoir compris, et puis vous vous rendez compte en fait que vous n’avez rien compris.
Je vous raconterai cette rencontre avec Alexander la semaine prochaine, parce que celle-ci déterminera la suite de mon évolution ainsi que l’orientation que je donnerai à mon travail.
Sur ce, j’ai envie de vous souhaiter un beau week-end, en espérant que le soleil soit avec vous.
Prenez soin de vous les Tatwa,
Laurent Jwikunari☀️
