Salut les Tatwas,
J’espère que vous allez bien 🤗.
Il y a un plus d’un mois, je vous avais promis de vous donner des nouvelles dans la semaine ,,,, et voilà qu’1 mois a passé, pas de nouvelles, rien.
Il faut dire qu’il s’est passé plein de choses, j’ai été submergé. J’ai d’abord été contacté par la chaîne ABC Talk qui souhaitait enregistrer une émission avec moi, j’ai longuement hésité puis je me suis lancé. Le résultat fait que j’ai été inondé de sollicitations, de messages, de questions, de prises de rendez-vous.
Et puis j’ai pris des vacances en famille, cela faisait des mois, voir années que je ne m’étais pas accordé un break, et malgré cela je n’ai pas pu abandonner ce que je faisais suite à l’impact qu’a eue cette interview. Je vous laisse le lien ci-dessous, comme ça vous pourrez connaître mon histoire d’une manière un peu différente peut-être que celle dont vous avez eu écho :

(vous trouverez cette vidéo aussi sur la chaîne youtube Tatwa).
Donc il y a un mois je vous avais parlé d’Alexander, de la communauté Siona, du Taita abuelo Laureano et de son fils Taita Victoriano.
Alors aujourd’hui, je vous remets tout de suite dans le bain.
C’est à mes débuts de ma nouvelle vie en Colombie.
Je découvre ces 3 hommes. Ils sont dotés d’une sagesse remarquable. Il faut dire que 2 d’entres eux ont un âge certain.
Ils possèdent des savoirs précieux.
Un mode de vie millénaire et préservé grâce é leur force et leur courage.
Je me souviens très bien, lorsque j’ai écouté ces sages parler, j’ai initié mon immersion dans ce bain ancestral qui me (re)connecte à l’origine de la vie. J’ai tout de suite senti quelque chose de différent en moi, qui allait au-delà de la curiosité. Je me suis senti pris par une mission, celle de suivre les enseignements afin de pouvoir les restituer au mieux.
Ce jour-là, je m’applique, je suis concentré et je me rends surtout compte que mon mental a disparu, ou du moins a laissé la place à quelque chose de plus grand : ma présence à l’expérience, et l’écoute avec tous mes centres énergétiques.
Cet espace hors (or) du temps ne sera que le premier de multiples rencontres et d’échanges.
Il y aura Victor aussi, que je rencontre quelques mois après mon arrivée en Colombie.
Victor travaille dans un hôpital, c’est un aide-soignant de 76 ans, passionné par ce qu’il fait. Il est marié, a 2 filles et 2 petits enfants de 4 et 7 ans.
Je me rends avec ma compagne chez lui, perdu dans une des cordillères des Andes.
C’est brut, c’est beau, il y a une rivière d’eau froide et des cascades.
Il nous propose un soin, d’aller marcher dans la forêt, et de se baigner à une cascade, la quebrada de dios, pour aller purifier nos énergies.
C’est accompagné de ses plantes qu’il nous guide jusqu’à la cascade.
Elle est belle et imposante. L’eau qui jaillit génère un bruit sourd en frappant les rochers qu’elle contourne aussitôt impactés.
On se baigne, le souffle est coupé lorsqu’on se retrouve sous la cascade, c’est puissant. Et puis Victor vient avec ses plantes, et pratique un rituel de purification en invoquant les esprits.
Je me rappelle de ce moment, tellement énergisant.
Et puis on retourne chez lui, une petite bâtisse précaire entourée de plantes maîtresses. On y trouve la Chiric Sanango, un arbre de 2 mètres de haut, rempli de fleurs, autour duquel tournent des abeilles noires attirées par le nectar contenu dans les fleurs violettes et blanches.
Et juste à côté, la Caapi et la Chagropanga, l’une à 2 mètres de l’autre.
Je ne suis pas trop familier avec ces plantes, je le serai quelque temps plus tard.
L’importance du feu dans une cérémonie

Nous nous asseyons autour d’un feu qui a été préparé avec soins par l’épouse de Victor et allumé par lui-même.
Ce soir-là, Victor nous a invité à une cérémonie afin de consommer le fameux breuvage Ayahuasca. Je m’y suis un peu préparé, encore que … On m’a dit de ne pas manger des trucs lourds, pas de sucres, pas de lait, ni de viande, pas d’alcool ni de sexe.
À vrai dire je ne comprends pas trop pourquoi, je suis un peu novice à tout ça, je comprendrai plus tard l’importance de la préparation intérieure et extérieure à ce type de cérémonie afin de mettre toutes les chances de son côté pour que cela se passe au mieux.
J’ai envie de dire que cela se passe toujours au mieux, puisque ce travail se fait avec des plantes maîtresses et adaptogènes.
Mais ce n’est pas vrai. Et même parfois cela peut se passer mal.
Ce soir-là, on va dire que c’est ok, c’est ma première expérience avec un breuvage ancestral, je le reçois en silence, je suis concentré, je me souviens du moment, je me vois avec le front plissé, comme si j’allais dans peu de temps démarrer une compétition ou une course. Je ressens cette tension face à quelque chose que je ne connais pas.
Et puis je me lance. C’est dur à avaler ce truc, c’est amer, ça a un goût tout sauf agréable. Je reste un moment autour du feu. Victor nous partage des récits, des contes qui sont initiatiques et permettent d’activer l’expérience.
Victor propose à ceux qui le souhaitent d’aller se coucher. Ça tombe à point nommé, j’ai la tête qui tourne, je commence à avoir la vue qui s’altère un peu, je décide de m’allonger une dizaine de mètres plus loin, à même le sol. J’ai quand même prix un coussin pour que l’expérience soit confortable.
Et pour dire vrai, pour une première, je trouve ça assez sympa, je vois des fractales, je perçois des sons.
Un peu plus tard, je ne saurais quand en fait, Victor vient vers moi et me demande si je souhaite plus de breuvage, je lui dis que c’est ok comme ça, que je me sens bien. Il me propose de rejoindre le petit groupe autour du feu.
Je me lève, me dirige vers le feu en titubant. Et là, à ma surprise, se trouve une abuela (grand-mère) aux habits sales, je la vois à la fois clairement et à la fois trouble, j’ai de la peine à percevoir son visage.
Mais je comprends tout de suite qu’elle n’est pas de cette dimension, et qu’elle fait partie de l’expérience. Je reste un moment, mais JE N’AI PAS ENVIE DE LUI PARLER, alors j’évite de la regarder.
Je crois que je n’ai pas envie de croire à ce que je vois et vis, mais c’est trop tard.
Je ne suis pas prêt, je retourne après quelque temps me coucher.
Pour continuer à vivre cette expérience en douceur …. Jusqu’à 6 heures du matin et ce moment où Victor revient vers moi avec une branche d’ortie dans les mains. Alors bien sûr, il y a eu quelques allers-retours aux toilettes pour des purges non-agréables, mais là, l’expérience de l’ortie, comment dire … me sort de cette expérience « douce » (par rapport à ce que peut-être une expérience sous Ayahuasca).
Victor me regarde avec un sourire bienveillant, et me dit : es la hora del ortigazo (c’est l’heure du coup d’orties). Il faut dire que cette espèce n’a rien à voir avec l’ortiga dioica que nous avons dans nos contrées.
Une tige de presque 2 mètres de long et peut-être 2 centimètres de diamètres, avec des épines longues de 3 centimètres pour certaines. Victor me demande d’enlever tous mes vêtements à l’exception de mon caleçon.
Il va frapper la tige contre mon corps, il me dit « tranquille ça va bien se passer », et je crois que, d’une certaine manière, je suis tellement pris par l’expérience que je me dis que ça va aller, que ça va passer vite.

J’appréhende quand même, et les premiers coups sont donnés … Ahhhh, ça va, c’est pas douloureux, je me dis dans ma tête, jusqu’à ce qu’il arrive à une cuisse et là grosse décharge. Waouuu ça fait mal.
Et puis Victor m’explique, que là où ça fait mal, c’est qu’il y a des blocages énergétiques, et l’ortie et son esprit les libèrent. L’ortie a aussi comme propriété d’activer le système immunitaire afin de favoriser son activité et ses fonctions, et d’augmenter le flux sanguin.
D’ailleurs, grâce à ce que j’apprends ce jour-là sur l’ortie, nous créons quelques temps plus tard une crème qui sert notamment pour le traitement de dégénérescences articulaire de type rhumatoïde.
Bref, je pourrais vous parler encore des heures de cette première expérience, qui finalement a été intégrée en peut-être … 1 an !
Après la cérémonie, nous sommes restés un moment, à échanger, partager, poser des questions.
Et puis il y a eu ces enfants, tellement vifs d’esprits et éveillés pour leur âge. Victor nous raconte que lorsqu’ils tombent malades, qu’ils attrapent la grippa comme ils l’appellent là-bas, ils leur donnent une petite coupe de Yagé (c’est comme cela qu’ils appellent l’ayahuasca en Colombie), et le lendemain ils sont frais comme des pinsons (je ne crois pas que cette expression existe, mais voilà, elle avait envie de se glisser ici).
Re-bref, quel premier week-end initiatique que j’ai vécu, avec cette première connexion physique avec 2 plantes qui vont m’accompagner sur mon chemin jusqu’à aujourd’hui.
Le retour à la maison se fera en douceur, ainsi que l’intégration des enseignements, qui, j’en ai encore le sentiment aujourd’hui, ont été là pour créer un lien d’amour avec les esprits de ces plantes afin que je puisse apprendre à les connaître avec bienveillance.
En tout cas, quelle première aventure ! Il y a eu 2 autres fois, une fois accompagné des Sionas, et une fois seul, je vous raconterai tout ça un autre jour.
Et vous parlerai des enseignements de la communauté Siona et du Taita abuelo Laureano qui m’a, en 2018, du haut de ses 108 ans, partagé sa vision de la médecine, qui peut aller à l’encontre de ce qui se pratique aujourd’hui ou de ce que nous pouvons voir.
J’ai hâte de vous raconter tout ça, et de vous expliquer comment s’est déroulé mon intégration de ses précieux savoirs.
C’est en tout cas un plaisir pour moi de vous avoir retrouvé aujourd’hui virtuellement, il est temps maintenant de vous laisser, et de vous dire à bientôt. J’espère avant 1 mois, en tout cas c’est la promesse que je vous fais ici.
Je vous souhaite une belle soirée ou journée en fonction du moment où vous lirez ce récit.
Prenez soin de vous les Tatwa,
Laurent Jwikunari☀️
